Le Musée de Picardie à Amiens en 13 coups de cœur

Il a rouvert ses portes au printemps dernier, après trois ans de travaux titanesques. Voilà le Musée de Picardie dans ses habits tout neufs, certes toujours impressionnant de l’extérieur mais tellement coloré et plus accueillant dedans. Incroyablement variées, ses collections proposent un voyage dans le temps, depuis la Préhistoire jusqu’à nos jours, et à travers de nombreuses formes d’art. Pour vous en parler, voici 13 objets remarquables, mes 13 coups de cœur au hasard des collections. Bien sûr, j’en ai eu plus ! Mais je n’en ai retenu que 13 pour que ce post conserve une taille raisonnable… et aussi car j’aime bien ce nombre.

Parmi toutes les statues présentées, j’ai eu un coup de cœur pour Daphnis et Naïs, ce magnifique couple formé par un berger demi-dieu et une nymphe des eaux douces. Pas le genre de couple qui court les rues, vous en conviendrez…

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Les habits neufs
du Musée de Picardie

J’aurais pu vous parler du joli petit jardin côté entrée ou de la belle chapelle devenue salon des visiteurs, où chacun est invité à se reposer, siroter un thé, visionner des archives, bouquiner, discuter ou rêver…

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J’aurais pu vous parler aussi de la rotonde imaginée par Sol Lewitt, réalisée à l’occasion de la rénovation des années 80, ou de l’accrochage dans l’impressionnant Grand Salon.

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Eh bien non, pas envie de remâcher toutes ces infos, que vous trouverez forcément ailleurs. Pour vous parler du Musée de Picardie, j’ai choisi la subjectivité la plus totale en retenant 13 œuvres ou objets, devant lesquels je suis restée plus ou moins bouche bée. Vous êtes prêt ?

1. Des verreries, objets du quotidien

Plus ça va et plus j’aime les verreries ! Parmi toutes celles présentées au Musée de Picardie, j’ai choisi ces bouteilles à panse carrées, datant du Ier ou IIe siècle après J.-C. Environ vingt siècles et aucune fêlure pour la plupart ! Carrément incroyable…

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Sinon, j’aime beaucoup aussi cette coupe à boire, avec ses motifs blancs et bleus. Elle est un poil moins ancienne puisqu’elle daterait de la fin du IIe siècle ou du début du IIIe. Trouvée à Amiens dans un sarcophage en pierre, elle est, elle aussi, dans un parfait état de conservation.

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2. Des semelles

Dans l’atelier de cordonnerie en partie reconstitué, cette série de semelles en cuir. Datant du IVe siècle après J.-C., elles en ont traversé des siècles ! Certes, ce ne sont pas des œuvres d’art mais ces objets de la vie quotidienne ne sont-ils pas terriblement touchants ? De quelles chaussures ont fait partie ces semelles ? Qui ont-elles chaussé ? Sur quels chemins ont-elles trotté ? Que de questions qui resteront sans réponse…

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3. Tête de Kouros 

Oh le beau gosse ! Me croirez-vous quand je vous dirai que ce marbre grec, en provenance d’Athènes, a plus de vingt-cinq siècles ? De cette statue, datée de – 510, il ne reste plus que la tête. Une simple tête mais tant de beauté pour  ce jeune homme au visage régulier, grands yeux en amande, discret sourire et chevelure bouclée…

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4. Statuettes en terre cuite

Elles sont aussi anciennes que la tête de Kouros, même plus pour certaines ! En effet, ces statuettes en terre cuite de la Grèce antique, reproductions de chefs-d’œuvre de sculpteurs de l’époque, datent du VIIIe au IIe siècle avant J.-C. !

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5. Figurines en terre cuite

Quant à ces figurines en terre, elles viennent du centre de la Gaule. Voici des cerfs, en forme de vases. Mais il y a aussi des lièvres, juste à côté… Leur époque ? Entre le Ier et le IIIe siècle après J.-C.

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6. Peintures murales de Boscoreale

Avec ces somptueuses peintures, on file tout droit en Italie. Plus précisément à Boscoreale, près de Pompéi, où se trouvait la luxueuse villa de Publius Fannius Synistor. Posée sur les pentes du Vésuve, elle a été ensevelie lors de l’éruption du volcan, en 79 ap. J.-C. Ce n’est que dix-huit gros siècles plus tard, en 1900, que ces décors ont été mis au jour. La plupart des panneaux seront vendus en 1903, à Paris, et c’est à cette occasion que ces deux panneaux ont été achetés par Albert Maignan, peintre, graveur et grand collectionneur. À sa mort, il les léguera, avec toute sa collection, au Musée de Picardie, ce qui explique leur présence ici.

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7. Carreaux de pavement

On change carrément d’époque pour atterrir dans le Moyen Âge. Ces carreaux de pavement en terre cuite émaillée datent en effet de la fin du XIVe ou du début du XVe. Ils sont 100% amiénois puisqu’ils proviennent de l’ancienne salle des archives de la cathédrale, détruite au XIXe par Viollet-le-Duc.
Pourquoi je les aime ? Pour leurs jolis motifs végétaux, animaux et géométriques. Et, plus encore, pour leur couleur terre flammée. 

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8. Vierge en prière

Son titre est « Vierge en prière ». Pourtant elle n’a plus de mains… Est-ce pour cela que cette Vierge en bois polychrome m’a tant touchée ? Ou est-ce l’infinie tristesse qui émane de celle à qui l’ange Gabriel vient d’annoncer sa mort prochaine ? 

La statue, réalisée à la fin du XVe ou au début du XVIe, provient probablement de la région d’Abbeville, où on trouve d’autres œuvres traitant cet épisode rarement évoqué.

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9. Daphnis et Naïs, Pierre Loison

Dès sa création, le Musée de Picardie a eu à cœur de mettre en valeur le travail des sculpteurs. La rénovation, achevée ce printemps, a fait de la grande salle dédiée à la statuaire un écrin de choix pour de nombreuses œuvres. 

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Parmi toutes celles présentées, j’ai eu un coup de cœur pour Daphnis et Naïs, ce magnifique couple formé par un berger demi-dieu et une nymphe des eaux douces. Pas le genre de couple qui court les rues, vous en conviendrez… J’avoue que je ne connaissais pas Pierre Loison, sculpteur du XIXe qui en est l’auteur. Mais franchement quelle grâce ! Quelle douceur et quelle troublante tendresse émanent de ce marbre, réalisé en 1866 ! Cette année-là, au Salon de Paris, le jury avait d’ailleurs souligné la qualité de l’œuvre, insistant particulièrement sur le mouvement des mains. Rien à ajouter à cet avis d’expert ! 

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10. Puy de 1605,
Temple illustre de lumière éternelle, Mathieu Prieur

Les Puys d’Amiens font partie des principales richesses du Musée de Picardie. Sachez qu’on appelle Puys d’Amiens les œuvres offertes (tous les ans !) à la cathédrale par les membres de la confrérie Notre-Dame du Puy. Chaque année, une nouvelle œuvre était réalisée, ayant pour thème une « devise » imaginée pour honorer la Vierge. 

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Parmi la vingtaine de Puys présentés au Musée de Picardie, j’ai choisi celui-ci, réalisé par Mathieu Prieur, distingué peintre amiénois. C’est lui qui aurait réalisé tous les Puys entre 1600 et 1618 ! Sur celui-ci, on voit le roi Henri IV, accompagné du dauphin Louis (futur Louis XIII) et de sa fille Élisabeth. Ce que j’aime surtout ici ? La représentation de la façade de la cathédrale d’Amiens en arrière-plan, qui ancre bien l’œuvre dans la cité. J’aime aussi le soin apporté aux visages des personnages… qui n’ont pas l’air de s’amuser beaucoup !

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11. Les Deuillants à Étaples,
Francis Tattegrain

Voici mon coup de cœur absolu ! Dans la série Bords de mer, cette toile monumentale de Francis Tattegrain crève littéralement l’écran ! Je dois avouer que j’aime particulièrement ce peintre, membre de l’école de Berck et connu pour ses superbes scènes de pêche et sa peinture du monde de la marine, auquel il était si attaché. Si vous voulez en savoir plus sur cet artiste, je vous invite à lire mon post sur le musée Opale-sud, à Berck-sur-Mer, par ici. Ou mieux encore à visiter ce musée vraiment trop mal connu. Mais en attendant, admirons les mille nuances de cette poignante scène de naufrage et toute la douleur muette qu’elle exprime. 

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12. Vue du pont du Rialto à Venise, Jules-Romain Joyant

J’avoue humblement que je ne connaissais pas ce peintre parisien du XIXe, qui a passé une partie de sa vie en Italie (le veinard !). Mais j’ai immédiatement pensé à Canaletto, en voyant cette scène du quotidien près du pont Rialto. Bien vu ☺️ puisque le panneau explicatif du musée m’a appris qu’on compare parfois Jules-Romain Joyant au peintre vénitien, célèbre pour ses nombreuses vues de la magique cité. Alors oui, cette toile s’inscrit bien dans la section « Le goût de l’ailleurs » du Musée de Picardie. Mais un ailleurs représenté fidèlement et non pas versant dans un exotisme facile !

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13. La Lutte de l’homme contre la femme
ou Hercule contre les Amazones, Émile Bernard

Franchement, je n’aime guère le titre de ce tableau « La Lutte de l’homme contre la femme », qui a un côté #metoo… à l’envers.  Il n’en reste pas moins que j’ai été saisie par la force de cette œuvre d’Émile Bernard, réalisée en 1927. Enchevêtrement des corps, violence omni-présente et palette infinie de beige, rose, orangé et brun pour donner vie à ces corps… J’adore, sans trop comprendre pourquoi ! Les mystères de l’art sans doute…

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Les expos 2021 du Musée de Picardie 

Du 29 mai au 29 août
“Chasseurs de trésors, archéologie et bande dessinée”.
En partenariat avec le Festival de la bande dessinée d’Amiens et le soutien du musée du Louvre.

Du 3 juillet au 10 octobre

“Les puys d’Amiens, chefs-d’œuvre de la cathédrale Notre-Dame”.
Pour célébrer le huitième centenaire de l’édification de la cathédrale d’Amiens, le Musée de Picardie consacre une exposition à la confrérie Notre-Dame du Puy, attestée à Amiens entre 1388 et la fin du XVIIIe siècle.

Du 9 novembre au 16 décembre

Louis Clais “Chez…” parcours d’art contemporain.
Louis Clais investit le Musée de Picardie avec l’œuvre Chez…, une mystérieuse cabane abritant une multitude de secrets qui ne demandent qu’à se faire connaître et à voyager car l’œuvre d’art est “l’étincelle qui donnera des suites…”.

Le Musée de Picardie en pratique

Amiens-Musee-de-Picardie-boutique2, rue Puvis de Chavannes 80000 Amiens

03 22 97 14 00

https://www.amiens.fr/Vivre-a-Amiens/Culture-Patrimoine/Etablissements-culturels/Musee-de-Picardie

Entrée 7 € et 4 € réduit.

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