C’est l’un des neuf parcs de la province du Hainaut affichant le label « Jardin remarquable », décerné par les Parcs et Jardins de Wallonie. À Celles, près de Tournai, le Parc de la Feuillerie est l’enfant chéri de Palick van Hövell, architecte-paysagiste de profession. Depuis 1981, il étend et enrichit de mille espèces son jardin, dont la spécialité est le rhododendron. Jusqu’en octobre inclus, on peut visiter ce jardin romantique de près de trois hectares, plein de charme et véritable havre de paix…
Au Parc de la Feuillerie, on n’utilise aucun produit chimique, ni insecticide. Ce sont les oiseaux, attirés par les nichoirs, qui s’occupent des insectes. À moins qu’ils soient gobés par les grenouilles de l’étang, créé de toutes pièces par le propriétaire des lieux.
C’est l’histoire d’un couple qui découvre la demeure d’un notaire à vendre et tombe sous le charme de la grande maison et de son jardin, pourtant laissé à l’abandon. Palick van Hövell est paysagiste de métier et passionné de botanique. Son épouse, anversoise, adore les rhododendrons. Le couple a un vrai coup de cœur pour la propriété et achète, en 1981, cette demeure de 500 m2, datant de 1840, et son jardin d’environ un hectare, baptisé Parc de la Feuillerie.

400 rhododendrons différents
Si le jardin d’origine a sans doute été aménagé par l’architecte-paysagiste Louis Fuchs, créateur de plusieurs jardins prestigieux en Belgique, Palick van Hövell compte bien y mettre sa patte. Loin d’être effrayé par les travaux, il achète les terres voisines pour agrandir son terrain et plante, année après année, de nouvelles espèces.

Sa plante fétiche ? Le rhododendron, typique de la région d’Anvers, d’où son épouse Solange est originaire. Et dont il a reçu un pot en cadeau pour son anniversaire, le jour de ses 11 ans…



Depuis, le propriétaire du Parc de la Feuillerie a planté environ 400 rhododendrons différents, dont le très flamboyant rhodo Taurus. C’est une collection impressionnante, qui est un peu l’emblème de la maison.

Vous avez dit arbre mouchoir ?
Parmi les deux mille (!!!) espèces et variétés aujourd’hui présentes au Parc de la Feuillerie, de nombreux arbres remarquables, comme le noisetier de Byzance, le tulipier de Virginie, le Désespoir du singe, le Ginkgo biloba (ou arbre aux 40 écus) ou le cyprès chauve. Sans compter les hêtres, châtaigniers, cornouillers, érables du Japon ou chênes, dont l’exceptionnel chêne à feuilles de laurier. Et aussi des bambous aux tiges noires, que j’aime beaucoup…


Il y a aussi l’arbre caramel ou le drôle d’arbre à mouchoir, rapporté d’Angleterre, dont le propriétaire du Parc de la Feuillerie nous montre ici le fruit.


Il y a quelques années, j’avais déjà eu l’occasion de me balader dans ce superbe jardin, notamment avec mon frère Vincent, fou de jardin. C’était à l’occasion d’une Fête des plantes, aujourd’hui organisée au château Saint-Antoine à Molenbaix, tout près du centre de Celles. Nous avions déjà adoré ce parc très romantique, conçu à l’origine dans la plus pure tradition anglaise mais qui a bien évolué.


Au Parc de la Feuillerie, on admire aussi des collections d’azalées, des cerisiers et des pommiers à fleurs, des rosiers (dont le rosier La Feuillerie) et des magnolias.

Un jour par semaine
J’ai beaucoup aimé les arcades en charme, qui offrent, au loin, une vue sur le Mont de l’Enclus, situé près de Renaix, dans les Ardennes belges.

Le Jardin Hugo mène, quant à lui, à une cabane, au bout d’une impeccable allée engazonnée. Ici comme ailleurs, les allées sont tirées au cordeau, grâce au travail d’un jardinier qui s’occupe de la découpe des bordures. Il est également chargé des travaux d’élagage et d’abattage (notamment), le tout pendant une journée par semaine.

Les astuces du Parc de la Feuillerie
Car Palick van Hövell a tout prévu pour que le Parc de la Feuillerie demande un minimum d’entretien. Il a acheté un tracteur électrique pour la tonte des pelouses (sans ramassage de l’herbe), une fois par semaine. Il a prévu des couvre-sol sur les plate-bandes, comme le géranium par exemple. Et il ratisse tous les jours les allées pour empêcher les graines des mauvaises herbes de germer. « C’est ma gym du matin, une activité qui continue à m’amuser », explique le propriétaire, qui consacre tous les jours près de quatre heures à son jardin !


Au Parc de la Feuillerie, on n’utilise aucun produit chimique, ni insecticide. Ce sont les oiseaux du jardin, attirés par les nichoirs, qui s’occupent des insectes. À moins qu’ils soient gobés par les grenouilles de l’étang, créé de toutes pièces par le propriétaire des lieux.


Cherche propriétaire-jardinier passionné…
Même si son plus grand bonheur est d’accueillir des visiteurs et de partager ses connaissances en botanique, Palick van Hövell a dû se résoudre, à 84 ans, à mettre la propriété en vente. « Mais je ne suis pas pressé et je ne la céderai qu’à un passionné de jardin », souligne-t-il. Quelqu’un qui aura à cœur de poursuivre l’énorme travail entrepris. Et sans doute aussi quelqu’un qui continuera à ouvrir les portes du Parc de la Feuillerie. On croise les doigts…


Le Parc de la Feuillerie en pratique
Rue de la Feuillerie 1, 7760 Celles
00 32 499 41 67 65
Ouvert tous les jours d’avril à octobre, de 10 h à 17 h, mais uniquement sur rendez-vous.
Tarif : 6 € par personne.
Également visites guidées d’une durée d’une heure trente (en français ou en néerlandais) pour les groupes de minimum 15 personnes.
Les personnes à mobilité réduite ont accès à l’ensemble du parc.
Les chiens sont admis, tenus en laisse.
La prochaine journée Rhodos et Azalées en fleurs aura lieu le 10 mai 2026 au Parc de la Feuillerie.
Quant à la journée Hortensias en fête, elle est prévue le 12 juillet 2026, également au Parc de la Feuillerie.
Les deux Fêtes des plantes annuelles ont, quant à elles, désormais lieu au château Saint-Antoine à Molenbaix. Tout sur www.domainesaintantoine.be
Pour des renseignements sur la vente de la propriété et les réservations, contact@lafeuillerie.be
J’ai été invitée par #visitwallonia, merci à eux !
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