Avez-vous déjà eu envie de séjourner dans une ancienne église ? Envie d’y dormir, d’y manger, d’y cuisiner, d’y passer la soirée au coin du feu ou même de vous y plonger dans un jacuzzi ? J’ai ce qu’il vous faut, à Braine-le-Comte, dans la campagne belge. Ou au centre-ville de Mons, également en Wallonie. Deux options très différentes mais insolites toutes les deux…
Par un beau jour de 1988, Michael passe par là à moto et découvre par hasard l’église. Elle est complètement abandonnée et livrée aux pilleurs. Deux ans plus tard, elle n’a toujours pas trouvé d’acquéreur. Il l’achète donc « pour une croûte de pain ».
À qui donc décerner le prix de l’originalité ? À La Chapelle de verre, un lieu tout à fait unique en Wallonie ? Ou à Michael Bonnet, son propriétaire très rock n’ roll ?

Vous avez dit marbrite ?
Commençons donc par La Chapelle de verre, construite en 1929 par Arthur Brancart, patron des verreries Fauquez. Cet édifice religieux non classé ne s’est pas toujours élevé ainsi, seul, en pleine nature. Autrefois, il faisait partie de cette verrerie, l’une des nombreuses de la région. Un monde à part entière et vivant en autarcie, avec son cinéma, son école et ses commerces, outre bien sûr ses ateliers.
C’est sans doute en 1925 que la verrerie Fauquez a vécu son heure de gloire. En effet, lors de l’Exposition des Arts Décoratifs de Paris, elle s’est vu décerner le prix de l’innovation pour ses marbrites. Ce drôle de matériau, du verre opacifié, coloré dans la masse et imitant le marbre, a cartonné pendant plusieurs décennies. Et a « porté » la verrerie jusqu’à sa fermeture, à la fin des années 60. La marbrite existait dans tous les coloris, comme ce joli vert pâle qu’on trouve dans la cuisine de l’ancienne église.

Effet waouh !
Si les différents bâtiments ont disparu, la chapelle Sainte-Lutgarde est restée debout. Désacralisée mais complètement abandonnée. C’est là que Michael Bonnet entre en scène. Par un beau jour de 1988, il passe par là à moto et découvre par hasard l’église. Elle est à moitié en ruines et livrée aux pilleurs, qui viennent s’y servir en matériaux. Deux ans plus tard, elle n’a toujours pas trouvé d’acquéreur. Il l’achète donc « pour une croûte de pain », comme il le rappelle en souriant.

C’était en 1990 et, depuis, il rénove cette ancienne église, partie intégrante du patrimoine industriel local. Un temps crêperie, elle est devenue, il y a 8 ans, un très original gîte.
On entre par le chœur et là, c’est l’effet waouh ! Même si le vitrail principal a été démonté (il a été installé dans une autre église) et remplacé à l’identique par du plexi, on reste scotché !

Petit déj avec vue chapelle
La marbrite est omniprésente, notamment au plafond, recouvert de ces plaques colorées. Michael Bonnet, « champion de l’économie circulaire » comme il se définit, les a récupérées à droite et à gauche, à une époque où personne n’en voulait plus. Certains habitants sont même venus à l’ancienne église pour lui en déposer. Quant aux vases en verre noir, eux aussi fabriqués par les verreries Fauquez, Michael les a tous achetés sur les brocantes, « pour moins de 5 € pièce » dit-il.


Pas de doute, ma pièce préférée dans l’ancienne église est la cuisine. Des meubles de récup, des nains de jardin, un vieux buffet, divers objets en verre… le mélange hétéroclite fonctionne. Avec, en prime, le plaisir de prendre son petit déj avec vue sur la chapelle !



Et la cheminée devint…
Côté salon, c’est le même esprit récup et bohème qui règne. Deux petits meubles ont été offerts par l’arrière-petite-fille d’Arthur Brancart. De vieux articles et des photos jaunies ornent les murs. Comme d’ailleurs des échantillons des teintes proposées par la verrerie. Un poêle apporte sa chaleur à cette pièce, où le propriétaire a tout fait lui-même, sauf les châssis des fenêtres.


À l’étage, la chambre principale offre un chouette coin salon, avec vue plongeante sur la chapelle.


Ici aussi, tout est en verre. Des objets de déco à la pièce maîtresse de la salle de bain : une ancienne cheminée, qui encadre aujourd’hui le lavabo.

Petit supplément d’âme d’une ancienne église
« Beaucoup de gens m’ont apporté des objets fabriqués naguère par la verrerie », raconte le propriétaire. Qui a aussi énormément chiné et ce pendant des années. Et qui a disséminé aux quatre coins du gîte de jolies boîtes Art déco, des encriers et des plaques de verre, transformant l’ancienne église en véritable petit musée du verre…




Dormir dans cette ancienne église, c’est profiter du calme de la nature environnante, d’une soirée au coin du feu mais aussi de ce petit supplément d’âme difficile à décrire…

La Chapelle de verre en pratique
Rue Arthur Brancart, 100, 7090 Braine-le-Comte, Ronquières
00 32 486 53 63 62
lachapelledeverre.be
240 € la nuit pour 6 personnes, 4 adultes et 2 enfants (minimum deux nuits). 150 € la nuit pour 2 personnes (minimum deux nuits).
Le Martin’s Dream Hotel, un joyau historique à Mons
Dans un tout autre style, voici le Martin’s Dream Hotel, installé lui aussi dans une ancienne église de Mons, en Wallonie. À 500 mètres à peine de la Grand Place, cet établissement 4* est niché dans une église construite en 1851 par les pères Rédemptoristes et finalement désacralisée.

Rosaces, vitraux, colonnes, ogives, tous les éléments de l’ancienne église néo-gothique ont été conservés, donnant un charme fou à l’hôtel.

Un dragon sur la moquette
J’ai occupé une chambre Deluxe ou Charming Plus, de plus de 25 m2, avec une très grande hauteur sous plafond. La fenêtre en ogive d’origine a été conservée, donnant tout son cachet à la chambre.


Ici comme ailleurs dans l’hôtel, la décoration s’inspire de thématiques 100% belges : le Doudou de Mons, le carnaval de Binche… Dans ma chambre, il était ainsi question de dragon et de chevalier, au mur et même sur la moquette ! En effet, partout dans l’établissement, une moquette dessinée spécialement pour l’hôtel met à l’honneur le patrimoine monsois.

Buller dans l’ancienne église
Même les salles de bain reprennent les codes du gothique, avec une jolie vitrophanie sur la paroi de douche.

Si j’ai peu aimé la déco de l’espace où est servi le (copieux) petit déj buffet, avec ses spots très seventies, j’ai adoré la fresque du Doudou de Mons. Elle plonge direct le néophyte dans l’ambiance de cette grande fête populaire monsoise.

À noter que l’hôtel propose également son spa et fitness Alter Ego, avec jacuzzi, hammam, sauna, soins et massages (produits Cinq Mondes).
Martin’s Dream Hotel en pratique
Rue de la Grande Triperie 17, 7000 Mons, Belgique.
À partir de 125 € la chambre de catégorie Éco, 134 € Standard et 179 € Deluxe (ou Charming Plus).
Le site est ICI
Spa commun offert pour tout soin ou massage d’une heure ou plus.
Spa privé pour deux, 100 € pour une heure et demie et 120 € les deux heures.
J’ai été invitée par #visitwallonia, merci à eux !
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