Dans la vallée de l’Oise, mes 10 églises fortifiées préférées

L’an dernier, j’avais déjà consacré un post à quelques églises fortifiées, à la fois lieux de culte et châteaux forts. En voici dix autres, mes préférées, toutes situées le long de la vallée de l’Oise, dans l’Aisne. Sous un ciel un peu plombé, ou à l’inverse sous un ciel bleu plein de jolis nuages, j’ai parcouru cette bucolique route touristique, hérissée d’églises-donjons

De Marly-Gomont, je ne connaissais jusqu’ici que le clip de Kamini… Depuis peu, je sais aussi que cette charmante commune de la vallée de l’Oise a une église fortifiée, construite légèrement en hauteur. 

Ah qu’elle est jolie cette vallée de l’Oise ! Photographiée ici à Ohis, la rivière coule au milieu d’une campagne émeraude, apaisante et éternelle. 

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Pourtant, trois siècles durant, de 1339 à 1659, ce territoire frontalier entre Royaume de France et Pays-Bas espagnols en a vu des guerres, des invasions et des affrontements ! Pour se protéger, ses infortunés habitants n’ont eu qu’une solution : convertir leur l’église en véritable forteresse et courir s’y réfugier à chaque fois qu’un ennemi pointait le bout de son nez. Le plus souvent, ils emmenaient avec eux leurs animaux, transformant les lieux en véritable arche de Noé…

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1. Beaurain, église Saint-Médard, 
à l’ouest de la vallée de l’Oise

Perdue dans la belle campagne, au large des communes de Beaurain et Flavigny-le-Grand, voici l’église Saint-Médard, ma préférée je crois dans cette vallée de l’Oise.

Mais pourquoi diable a-t-elle été construite aussi loin de tout et notamment des deux villages, dont elle devait pourtant protéger les populations ? Personne ne sait vraiment… Toujours est-il qu’il fallait un peu de temps pour courir s’y réfugier ! 

Mais l’église Saint-Médard présente une autre bizarrerie. Celle de la taille de ses quatre tours en poivrière, dont aucune n’a la même hauteur. Était-ce pour permettre aux tireurs de la dernière d’avoir une vue dégagée ? Mystère et boule de gomme !
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Qu’importe après tout, l’essentiel restant la superbe architecture extérieure de l’édifice, dont le donjon mi- brique et mi-pierre est vraiment spectaculaire.
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L’intérieur, d’une grande simplicité, est en revanche plus décevant.
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Heureusement que, le jour de mon passage, un rayon de soleil a illuminé les vitraux, éclaboussant même de couleur leur pourtour…
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Mais le véritable émerveillement a été d’admirer la silhouette de Saint-Médard, au loin, entre un champ de colza et des nuages qui moutonnent dans un ciel de printemps… il y a un certain temps déjà…

Je trouve cette image magique et j’y ai souvent repensé après ma balade dans la vallée de l’Oise…

2. Monceau-sur-Oise, église Sainte-Catherine

À l’est de Beaurain, voici Monceau-sur-Oise, deuxième étape de mon périple en vallée de l’Oise. Contrairement à sa voisine, l’église Sainte-Catherine est plantée au cœur du village, derrière un mur de brique, loin des champs qui ondoient.

La troisième ayant été détruite pendant la Première Guerre mondiale, il ne reste plus que deux belles tours, s’élevant de part et d’autre du portail d’entrée. Percées de meurtrières, elles ont été ajoutées au XVIe, au moment de la fortification de l’édifice.

Ce que je préfère dans cette église, devenue château fort ? C’est la rose en brique, qui décore la façade. Un élément très rare, qui donne à Sainte-Catherine sa petite élégance…

3. Lavaqueresse, église Notre-Dame de l’Assomption

À quelques kilomètres de là, un peu à l’écart de la vallée de l’Oise, Notre-Dame de l’Assomption est un vrai château fort, flanqué de quatre tours. L’une d’elles, de taille réduite, s’élève à gauche de la façade, qui présente du coup un visage asymétrique.

Le beau portail en pierre bleue est surmonté d’une sculpture de sainte Marguerite d’Antioche, datant du XVe.

Les éléments défensifs ont été ajoutés plus tard, à la fin du XVIe ou au début du XVIIe, une époque décidément très mouvementée.

Contrairement à pas mal d’autres églises fortifiées de Thiérache qui gardent portes closes, Notre-Dame de l’Assomption est ouverte aux visiteurs. Du moins, l’ai-je trouvée ainsi…

J’y ai beaucoup aimé les vitraux pour leurs couleurs délicates et chatoyantes, et notamment la belle palette de verts.

Mais ce que je préfère, ce sont ces deux cœurs en briques vernissées qui n’ont d’autre vocation que de réjouir celui du passant…

4. Malzy, église Sainte-Aldegonde

Retour au plus près de la vallée de l’Oise, toujours plus à l’est, dans le petit village de Malzy. Ce qui caractérise son église Sainte-Aldegonde ? Le donjon n’est pas situé au-dessus de l’entrée, comme souvent, mais au-dessus du chœur.

Les deux tours cylindriques, collées au chevet et percées de meurtrières, n’ont pas la même taille. Regardez-les bien… Elles n’ont pas non plus le même look, celle de gauche présentant un appareillage de briques très décoratif à la base.

Du coup, l’entrée est particulièrement dépouillée, offrant simplement un œil-de-bœuf contenant un vitrail.

5. Marly-Gomont, église Saint-Rémi

De Marly-Gomont, je ne connaissais jusqu’ici que le clip de Kamini… Depuis peu, je sais aussi que cette charmante commune de la vallée de l’Oise a une église fortifiée, construite légèrement en hauteur.

La caractéristique de l’église Saint-Rémi ? Elle n’a ni donjon, ni clocher… ni clocher-donjon ! Mais elle possède en revanche quatre échauguettes, dont les deux principales encadrent le portail d’entrée. Percées de meurtrières, elles sont posées sur de massifs contreforts. On est quand même face à une église fortifiée, construite en grès et en brique…
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Ouverte au public, on peut y voir les œuvres d’Hippolyte Lesur, un artiste local du XIXe. Espérons simplement que la commune aura les moyens, un jour prochain, de rafraîchir un peu les peintures…

6. Englancourt, église Saint-Nicolas

Dans le tiercé de tête de mes églises fortifiées préférées, sûr que je placerais Englancourt !

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Comme une sentinelle qui veille sur la vallée de l’Oise, elle trône un peu en hauteur, au sommet d’une colline. Même en voiture, on sent que ça monte bien… Cela lui donne une sacrée gueule, comme le montre cette photo panoramique, dont je suis assez fière…

Englancourt-panoramique-totalL’entrée se fait en quelque sorte du « mauvais côté » puisqu’elle se trouve à l’opposé du donjon fortifié. Regardez bien sa façade, elle ne vous rappelle rien ? Eh oui, elle ressemble à s’y méprendre à celle de Marly-Gomont. Au point d’ailleurs que j’ai bien failli me tromper dans mes photos…
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Si les deux belles échauguettes de la façade ont été construites au début du XVIIe, les épais murs en grès et les contreforts datent sans doute du XIVe, trois siècles plus tôt.
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Quant à l’imposant donjon carré, il s’élève à 26 mètres de haut, offrant sans doute une superbe vue sur le bocage de Thiérache.
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Sinon, j’aime beaucoup aussi l’intérieur, avec ses carreaux ciment au sol, ses murs en grès et ses deux colonnes noires à l’entrée. Je n’y ai pas eu accès mais il semble que l’un des étages abrite une vaste salle de refuge.
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7. Saint-Algis, église Saint-Algis

Vous avez beau réfléchir, vous ne connaissez personne qui répond au prénom d’Algis ? Moi non plus ! Mais sachez que l’église est ainsi nommée en hommage à un ermite irlandais venu évangéliser le pays, du nom d’Algis ou Aldalgis (j’ai trouvé les deux orthographes en faisant quelques recherches).

Ceci étant dit, admirez l’impressionnant donjon aux airs de château fort, soutenu par d’imposants contreforts et flanqué de deux tourelles cyclindriques, toutes minces comparées au clocher.

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Dans cette église, ouverte au public, j’ai particulièrement aimé l’omniprésence de la brique, jusqu’au plafond voûté, mais aussi le carrelage ciment qui couvre le sol de ses gracieux motifs.

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Mais j’aime également beaucoup le retable, surmonté de deux anges. Avec ses dorures et ses colonnes travaillées, je lui trouve un côté baroque qui contraste avec la simplicité de beaucoup d’édifices en Thiérache. Une jolie surprise réservée par la vallée de l’Oise.
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8. Autreppes, église Saint-Hilaire

Le jeune Louis XIV est-il passé par ici, en 1653, au moment du camp d’Algis ? Il semblerait que oui. Dans ce cas, il a vu l’église Saint-Hilaire, fortifiée en 1632, (plus ou moins) telle que nous la voyons aujourd’hui.
Eglises-fortifiees-vallee-de-l-Oise-Autreppes-vue-ensembleCeinturée par un mur, l’église de brique en forme de croix latine a fière allure, avec son donjon-clocher encadré de deux tours en poivrière.

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L’une d’elles abrite un escalier à vis, menant à une salle de refuge avec cheminée. Aménagée sous les combles, les habitants couraient s’y mettre à l’abri en cas d’attaque.
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À l’intérieur, j’ai apprécié la délicatesse du vitrail de la fin du XIXe, représentant saint Augustin et sa mère Monique. Il a été réalisé d’après une peinture sur toile d’Ary Scheffer, conservée au musée du Louvre.
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Quant aux trois vitraux du chœur, on voit au premier coup d’œil qu’ils sont plus récents. Datant de 1961, ils remplacent des verrières détruites par un bombardement allemand de 1944 et ont été financés par les dommages de Guerre. Ils représentent la Trinité, saint Pierre et saint Paul.
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9. Wimy, église Saint-Martin

Avec Beaurain et Englancourt, elle entre dans le tiercé de tête de mes églises fortifiées préférées de la vallée de l’Oise.

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J’aime particulièrement les deux immenses tours (5 mètres de diamètre !) qui encadrent le donjon, greffées à l’édifice médiéval au moment de sa fortification. Pas étonnant que les travaux aient duré sept ans, de 1578 à 1585 !
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Le premier étage du clocher-donjon abrite une grande salle, qui comporte toujours son ancien four. Il fallait bien cela pour nourrir la population pendant ces épisodes où on se retrouvait plusieurs centaines à table… Enfin, si on peut dire.
Et le portail de l’église Saint-Martin, vous aimez ? Reconstruit en 1872, il est loin de faire l’unanimité, dit-on. 
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10. Ohis, église Saint-Maurice,
à l’est de la  vallée de l’Oise

À 6 km d’Hirson et à l’est de la vallée de l’Oise, la commune d’Ohis possède une petite église aussi humble que charmante. Posée légèrement en hauteur, elle présente une façade de brique plaquée sur un bâtiment en pierre.

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On est loin ici des massives églises fortifiées de Thiérache. Seules les meurtrières et la salle de refuge, au niveau supérieur, permettent de la classer parmi ces édifices à vocation religieuse et défensive. Et civile aussi puisque, pendant la Révolution, la modeste petite église a servi… de mairie. En tout cas, on y aurait tenu des séances de conseil municipal…

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L’intérieur ? Simple, simplissime. Un dépouillement (presque) total, qui va bien, je trouve, avec l’esprit d’humilité de la campagne. 

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J’ai (largement) puisé mes infos dans l’ouvrage « Les églises fortifiées de Thiérache » de Gilles Grandpierre (textes) et Jean-Marie Lecomte (photos), édité par les éditions Noires Terres (30 €) que vous pouvez acheter ICI

Merci à eux pour la qualité de leur ouvrage… que j’ai d’ailleurs acheté. 

Découvrez aussi Six églises fortifiées de Thiérache, belles comme des châteaux-forts

1 Commentaire(s)

  1. Le petit drone Anafi se serait drôlement régalé de prendre toutes ces photos d’en haut….
    Superbe reportage une fois de plus sur les églises fortifiées….

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