Voilà 22 ans qu’Henri Dudzinski vit une histoire intime avec l’Ukraine. D’abord comme petit-fils d’immigré polonais et surtout comme journaliste, passionné par les pays d’Europe centrale. Puis comme expert auprès du Conseil de l’Europe, à la division Droits de l’Homme et Media. Qui donc mieux que lui pour être l’envoyé spécial de Plus au nord dans ce pays en guerre, lors d’un voyage avec l’association We Are Ready ? Première étape de son périple, Lviv. Là, des gens courageux et déterminés continuent coûte que coûte à vivre, malgré les drones et les bombes…
À Lviv, au petit matin, les femmes venues des campagnes environnantes vendent des fleurs, de la charcuterie, des oeufs. Le circuit court en temps de guerre fonctionne à merveille…
À l’origine, elle s’appelait Leopolis, la ville du Lion. Puis Lemberg, quand elle devint austro-hongroise, et Lwów, quand elle se retrouva polonaise. Aujourd’hui, Lviv se trouve en Ukraine, pays en guerre depuis février 2022.
Si elle a plusieurs fois changé de nom, Lviv a toujours été la capitale de la Galicie, région d’Europe centrale aux frontières mouvantes. Lviv a une identité forte et, si l’on en croit la chanson Tylko we Lwowie (seulement à Lviv), elle a aussi un goût du miel et de chocolat…

Une minute de recueillement quotidienne
Comme toutes ces gares héritées de l’empire austro-hongrois, la gare de Lviv pourrait être un musée. Massive, équilibrée et pratique. Le train est le moyen le plus simple et le plus économique pour voyager en Ukraine, malgré la menace permanente des drones russes.

On peut même y croiser un chien soldat…

À chaque alerte, les Ukrainiens rejoignent les abris calmement, tant c’est devenu une routine. Une habitude, un réflexe mais jamais un désespoir.
Chaque matin, à 9 h, le pays se fige et respecte une minute de recueillement en hommage aux dizaines de milliers de morts au combat. Puis la vie reprend son cours. Les tramways circulent et sont bondés. Les gens vont travailler. Les terrasses sont prises d’assaut. Les anciens jouent aux échecs dans la rue. Tandis que, le week-end, les jeunes sortent le soir et dansent dans les bars sur de la musique techno.

À Lviv, le bonheur des marchés
Au petit matin, les femmes venues des campagnes environnantes vendent des fleurs, de la charcuterie ou des oeufs, au marché.


En temps de guerre, le circuit court fonctionne à merveille. Tout le pays est ré-organisé, y compris pour l’énergie électrique, décentralisée par quartiers. Lviv fait tout pour continuer à vivre !
En Europe centrale, au cœur de la Galicie
Certes, le pays est en guerre mais la ville fait fi de l’agression russe et bombe le torse. Marcher vers le grand opéra, longer les musées puis les visiter, découvrir les églises et les cathédrales, regarder les monumentales statues évoquant l’âme ukrainienne reste un plaisir empreint de douceur.


Nous ne sommes pas en Europe de l’est mais en Europe centrale, au cœur de la Galicie, terre au croisement des civilisations et des religions.

Photo @Plus au nord

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Olga, fille de Lviv
Même si elle vit depuis longtemps en Normandie, Olga Sansone est née à Lviv. Avant la guerre, elle organisait des voyages et n’a jamais cessé son activité depuis. Elle a vécu la Révolution du Majdan à Kiev, en 2014, et sa mère vit toujours à Lviv. Elle raconte sa ville et l’Ukraine avec passion.

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C’est elle qui m’emmène en tramway au cimetière des Héros, morts au front. Les drapeaux claquent au vent. Les visages de ces hommes si jeunes, fauchés sur un champ de bataille, semblent dire que la guerre est un monstre engendré par l’homme.



Pays en guerre mais néanmoins moderne : j’ai payé mon ticket de tramway avec ma carte bancaire sans contact…

Au Grand Café Leopolis, à Lviv
Au Grand Café Leopolis, les pâtisseries et petits plats ukrainiens rivalisent en calories et en couleurs, dans un cadre hors du temps.

À Lviv (Lwów), les traces polonaises sont nombreuses, de l’église des Bernardins récemment touchée par un drone, au restaurant-distillerie Baczewski. Dans la rue, on parle d’ailleurs l’ukrainien comme le polonais.

Photo @Plus au nord

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Olga m’emmène ensuite vers le musée dirigé par son frère, Ihor Tymets. Il préside 457 musées dans la région de Lviv et des Carpathes. L’âme ukrainienne y est jalousement préservée, comme dans ce tableau d’une femme Outsoule.

La magie de la bandura
Pour entendre battre le coeur de Lviv, le mieux est d’écouter un orchestre de joueuses de bandura. Cet énorme et lourd instrument a 65 cordes et cinq octaves !

Quinze ans d’études sont nécessaires pour le maîtriser. Les jeunes qui le pratiquent font le bonheur de leur professeure, Olena Nikolenko.

Je ferme les yeux et je me laisse porter. Aucun missile, aucun drone, aucune bombe ne pourront jamais faire taire l’âme ukrainienne…
Pour découvrir l’Ukraine après la guerre
Olga Sansone, Vacanture
olga.sansone@vacanture.com
www.vacanture.com
06 14 89 42 12
À lire aussi, le coup de cœur de Plus au nord pour Kiev, fin 2018
Sept bonnes raisons de découvrir Kiev, capitale de l’Ukraine
2 Commentaire(s)
Bravo ! Super reportage qui donne en effet bien envie de mieux connaître et de soutenir ce pays injustement maltraité. J’ai hâte de lire les prochains articles !
En effet, Henri, envoyé spécial de Plus au nord, a fait un super travail pour mieux faire connaître cette Ukraine qu’il soutient depuis le début de la guerre. Plusieurs autres articles suivront… alors restez fidèle !