Le 11 octobre prochain, ce sera fini. Il ne reste donc que quelques jours pour découvrir le Festival international de jardins dans les hortillonnages d’Amiens ! Alors profitez des derniers jours pour filer jusqu’au chef-lieu de la Somme et empruntez une barque électrique sur l’étang de Clermont. Ou arpentez, à pied, l’Île aux Fagots pour dénicher les créations artistiques, toujours au cœur de 300 hectares de nature protégée. Voici 8 questions, plus quelques conseils pour bien préparer votre balade arty dans les hortillonnages d’Amiens…
Si vous empruntez une barque, chaussez-vous confortablement. Pour monter et descendre de l’embarcation, les chaussures à talons ne sont pas idéales. Sauf si vous avez le pied marin ET l’aisance de Claudia Schiffer sur un podium… flottant.
1. Le Festival international de jardins dans les hortillonnages d’Amiens, c’est quoi ?
C’est un superbe rendez-vous, qui vit sa 17e édition jusqu’au dimanche 11 octobre, à l’initiative de l’association Art & Jardins Hauts-de-France. Année après année, jeunes paysagistes, artistes et architectes imaginent des œuvres plus ou moins poétiques. Certaines ont déjà disparu du paysage, tandis que d’autres sont restées en place, rejointes à chaque édition par des nouveautés.

Ce sont ainsi très exactement 48 créations artistiques et paysagères qu’on peut découvrir cette année en barque ou à pied.
Ceux qui aiment réfléchir chercheront les liens avec toutes les problématiques actuelles de développement durable, de préservation de l’écosystème, de changement climatique, d’alimentation du futur etc… Les autres se contenteront d’apprécier la beauté et le calme des hortillonnages d’Amiens. Et profiteront à fond de ces parcours poétiques au fil d’un chapelet d’îlots…

2. Comment réserver une barque pour découvrir les installations sur l’étang de Clermont ?
La plus importante partie du festival se découvre en barque électrique autonome, sur l’étang de Clermont, à Camon. Des milliers de personnes jouent ainsi, chaque année, les marins d’eau douce sur l’étang, entre art et sérénité.
Pour pouvoir disposer d’une embarcation, il faut impérativement réserver à l’avance sur le site www.artetjardins-hdf.com ou par téléphone au 06 78 53 55 92.

Le prix est de 28 € pour 1-2 personne(s), 40 € pour 3-4 personnes et 49 € pour 5-6 personnes. Gratuit pour les -3 ans. Ces tarifs comprennent une participation à l’entretien du site, assurée par l’Association syndicale des canaux d’hortillonnages.
3. Où emprunter sa barque électrique ?

Pour les balades en barque, rendez-vous au Port à fumier, 35 rue Roger Callou, 80450 Camon, dont la structure d’accueil est d’ailleurs également une œuvre (Origami, d’Alexis Deconinck, 2020).
Quelques emplacements de parking sont disponibles sur place. Sinon, il est assez aisé de stationner dans les environs.
Si vous venez en train (ce qui est beaucoup mieux pour la planète et votre empreinte carbone), vous pouvez prendre le bus depuis la gare d’Amiens (ligne 7, arrêt République direction Camon).
En ce mois d’octobre, le Festival fonctionne du mercredi au dimanche. De 13 h à 19 h en semaine et de 10 h à 19 h le week-end.
4. Est-ce compliqué de piloter une barque, de naviguer dans les hortillonnages d’Amiens et de trouver les œuvres ?
Perso, je n’ai pas piloté la barque, trop occupée à faire des photos. Mais mon capitaine du jour m’a assuré que c’était un jeu d’enfant (même si c’est interdit aux mineurs, notez-le bien !). De toute façon, pas question de vous lâcher dans la nature sans une petite leçon de pilotage, à la base de départ…
Vous partez muni d’un joli plan, sur lequel le sens de circulation, les pontons et les œuvres sont bien indiqués.


Et une fois au cœur des hortillonnages d’Amiens, des panneaux de circulation ou de « sens interdit » sont là pour vous guider dans le dédale d’îlots.
Pas de difficulté majeure donc… même si on a parfois bien rigolé au moment de garer la barque et d’en descendre ! Quoi qu’il en soit, chacun porte un beau gilet de sauvetage orange fluo, muni d’un sifflet en plus. On n’est jamais trop prudent…
5. Quelles sont les nouveautés 2026, côté étang de Clermont ?
Gryllotalpa Gryllotalpa, le jardin de la courtilière
Jean-Alfredo Albert
Connaissez-vous la courtilière ? Également appelé « gryllotalpa gryllotalpa », cet insecte fouisseur est parfois désigné comme taupe-grillon, en raison notamment de sa couleur brunâtre.

On ne peut pas vraiment dire qu’il ait bonne réputation. En effet, il s’attaque aux racines des plantes en cherchant sa nourriture et cause de gros dégâts dans le potager.
Mais la courtilière du paysagiste Jean-Alfredo Albert est-elle vraiment aussi nuisible ? La sculpture en chaux habite un îlot, où elle jardine pour soutenir le monde dont elle fait partie.
Guidé par une série de nichoirs accrochés aux arbres, le spectateur arrive jusqu’au terrier de l’insecte. Sur ces sols humides, où décompositions et recompositions participent au monde vivant des hortillonnages.
Mise en Abysse
Collectif A8
C’est l’une des œuvres préférées du public de cette édition 2026 du Festival international des jardins dans les hortillonnages d’Amiens. Et je dois dire qu’elle m’a également plu.

Composé de huit étudiants en licence d’arts plastiques à l’UPJV d’Amiens, le Collectif A8 veut, par cette Mise en Abysse, sensibiliser le public à la fragilité de l’écosystème aquatique et aux dommages irréversibles qu’il subit.
J’ai bien aimé l’idée d’utiliser du papier journal, Le Courrier picard en l’occurrence, pour la fabrication des poissons. À cause de nos comportements et de la pollution des mers, le monde marin est-il appelé à disparaître aussi rapidement qu’un simple journal ?
Crue
Pauline Cap, Manu Vanderveken, OPENFIELD, Giulia Devis, Nicolas Warrant & Arthur Stache
C’est à un épisode traumatisant pour les maraîchers des hortillonnages que fait référence cette œuvre. Crue parle en effet des inondations de 2001, qui avaient laissé les hortillons en état de choc. Un chemin de bois remplace les passerelles, installées naguère par les sinistrés, pour pouvoir circuler malgré la montée des eaux.

Avec ses monticules de terre, Crue est un mémorial paysager pour rappeler cet événement qui a marqué à tout jamais la Somme. Mais c’est aussi une invitation à réfléchir à notre adaptation face aux mutations climatiques.
Mais aussi…



6. Quelles sont les œuvres des éditions précédentes restées en place ?
« La Somme des eaux, alliances et débordements » était mon œuvre paysagère préférée de 2025. Ce projet belgo-français est une installation qui représente le fleuve Somme, avec tous ses affluents. Sur chaque poteau, le nom d’un affluent. Et dans chaque boîte transparente placée en face, un peu d’eau prélevée dans celui-ci. Grâce à un circuit alimenté par un panneau solaire, l’eau coule dans le chemin en bois représentant la Somme. Chouette idée, non ?


Les autres œuvres de 2025
Voilà les principales, sans aucun commentaire. À vous de voir si vous aimez un peu, beaucoup, énormément… ou pas du tout.





Des œuvres encore plus anciennes
À côté des œuvres créées en 2026 et 2025, d’autres datent des éditions précédentes. Au cours de mon itinérance, voilà celles qui m’ont le plus intriguée ou amusée…









7. Comment se rendre à l’Île aux Fagots pour faire la partie à pied et gratuite ?
On accède à l’Île aux Fagots par le chemin de halage à Amiens (accueil au n°43, entrée gratuite).
Un parking se trouve boulevard de Beauvillé, pas très loin de l’accueil du Festival.
Mais on peut aussi stationner (gratuitement) rue de Verdun et accéder à l’Île aux Fagots par la très belle passerelle Nisso Pelossof, qui enjambe la Somme.
Sinon, le parcours de l’Île aux Fagots se trouve à 10 minutes à pied de la gare d’Amiens.

En ce mois d’octobre, le site de l’Île aux Fagots est ouvert de 13 h à 19 h, du mercredi au dimanche. Comptez environ une heure pour ce parcours à pied.

8. Que voir côté Île aux Fagots ?
Voici quelques unes des œuvres à découvrir sur l’Île aux Fagots…



Les conseils de Plus au nord pour se balader dans les hortillonnages d’Amiens
– Pensez à emporter de l’eau (pas la moindre boutique sur les îlots, évidemment) et un chapeau s’il fait chaud.
– Si vous comptez faire le parcours au départ du Port à fumier de Camon, pensez à réserver votre barque à l’avance, surtout le week-end.

– Si vous empruntez une barque, chaussez-vous confortablement. Pour monter et descendre de l’embarcation, les chaussures à talons ne sont pas idéales. Sauf si vous avez le pied marin ET l’aisance de Claudia Schiffer sur un podium… flottant.
– Le temps de location d’une barque est de deux heures et demie. Si vous souhaitez voir toutes les œuvres sur l’étang de Clermont, ce temps sera nécessaire.
En revanche, si vous venez en dilettante et que vous êtes prêt à « zapper » certaines installations, alors vous pouvez emporter votre pique-nique ou votre petit goûter. Tout en prenant soin de respecter les hortillonnages d’Amiens, vous trouverez un coin (ou les marches d’un ponton) où vous poser, le temps de savourer votre en-cas. Évidemment, vous ne laisserez aucun déchet sur place !

– Les légumes et les plantes des divers jardins paysagers sont là pour être contemplés et non pour être dégustés, même s’ils font parfois bien envie…
Tout sur www.artetjardins-hdf.com
Découvrez aussi À Amiens, mettre ses pas dans ceux de Jules Verne
J’ai été invitée par l’Office de tourisme et des congrès d’Amiens Métropole, merci à eux !