Dans l’Aisne, le Familistère de Guise en 7 questions

Avez-vous déjà rêvé d’une cité idéale, située à deux pas de votre usine ? Un vrai palais social, où les appartements seraient confortables et les loyers peu élevés ? Et où tout serait fait pour le bien-être des ouvriers qui y vivent ? Dans l’Aisne, Jean-Baptiste Godin, patron de la manufacture éponyme, a imaginé cet habitat collectif, complété par toute une série d’équipements. Mieux, il l’a construit dès 1859, donnant corps à son utopie sociale. C’est le Familistère de Guise, un site unique dans le pays, devenu musée de France et classé Monument historique depuis 1991. 

Quant à la magnifique cour intérieure, elle a été pensée pour créer du lien social entre les Familistériens. Une grande fête du Travail en mai, une fête de l’Enfance en septembre et un bal mensuel s’y déroulaient notamment. 

 

1. En quelques mots, c’est quoi le Familistère ?

C’est un site unique en France, en même temps qu’une micro-société idéale, qui a existé pendant une grosse centaine d’années, à partir de 1860.

Au Familistère de Guise, on entre de plain-pied dans une utopie sociale devenue réalité. Celle de Jean-Baptiste Godin, patron de la manufacture du même nom, arrivé à Guise en 1846.

Familistere-de-Guise-statue-Jean-Baptiste-GodinL’industriel croit dur comme fer qu’on peut changer la vie des ouvriers et décide de créer un ensemble unique, comprenant pavillons d’habitation, écoles, crèche, théâtre, jardins, magasins coopératifs et même une piscine !

Son but ? Offrir des conditions de vie dignes et saines aux travailleurs, en repensant complètement l’habitat ouvrier.

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2. Quelle est la situation ouvrière au moment de la création du Familistère de Guise ?

Lorsque J.-B. Godin crée le Familistère de Guise, en 1859, l’ouvrier travaille 7 jours sur 7 et 14 heures par jour, voire plus. Les enfants sont employés dans les usines dès l’âge de 8 ans. Et les conditions de vie sont particulièrement difficiles. 

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3. D’où vient cette idée de Familistère ?

Jean-Baptiste Godin s’est largement inspiré des idées de Charles Fourier, philosophe et utopiste français. Né à Besançon, il a ainsi créé plusieurs phalanstères aux États-Unis dans les années 1840-1850. Malgré l’échec de ces diverses expériences, le créateur des poêles Godin décide de se lancer à son tour, en 1859, en créant le Familistère de Guise. Dès le départ, l’industriel voit grand, avec 5 bâtiments d’habitation, 500 logements et 2000 personnes logées sur place. Il est vrai que les usines Godin réalisent alors d’immenses bénéfices, assez importants pour financer cette cité idéale. 

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Jean-Baptiste Godin

4. Que voit-on exactement au Familistère de Guise ?

On visite la plupart des bâtiments et équipements de ce Palais social, conçu par Godin lui-même.
C’est par les anciens économats qu’on entre au Familistère de Guise, où se trouvent notamment l’accueil, la billetterie, une librairie-boutique et une buvette-restaurant. 

Familistere-de-Guise-economat-devenu-boutiqueCe centre des visiteurs comprend également une galerie d’exposition permanente, qui raconte l’histoire de Guise grâce à des plans, des photos, des vidéos et des maquettes.Familistere-de-Guise-les-etapes-de-construction

La maquette la plus spectaculaire est ce grand plan-relief en bois montrant le Familistère tel qu’il était en 1931. On y voit bien les constructions, les terrains et les ateliers industriels, l’ensemble appartenant à l’Association coopérative du capital et du travail. 

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Un peu avant, à l’entrée du site, ne manquez pas la buanderie-piscine. C’est ici que se trouvaient l’atelier de lessive, les cabines de bain et le bassin d’apprentissage de la natation, grâce à son plancher mobile. Au Familistère de Guise, propreté, bien-être et confort passent avant tout !

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5. Qu’y a-t-il à l’intérieur du pavillon central ?

Un peu plus loin, au milieu de la cour, voici le magnifique pavillon central, véritable « Versailles de brique ». Si l’aile gauche, incendiée pendant la Première Guerre, a été reconstruite en 1924, le reste du bâtiment est d’époque.

Familistere-de-Guise-pavillon-central-et-statue-GodinFamilistere-de-Guise-pavillon-central-facadeS’inspirant du mouvement hygiéniste, J.-B. Godin a voulu un lieu lumineux et très aéré, de la grande cour jusqu’aux appartements. 

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Ces derniers bénéficient tous de la même quantité de lumière, quel que soit l’étage où ils se trouvent… grâce à une astuce : Les fenêtres deviennent de plus en plus grandes au fur et à mesure qu’on descend. 

Si les logements n’ont ni eau courante ni toilettes, on trouve en revanche des points d’eau potable ainsi que des WC hommes et dames de chaque côté du bâtiment et à chaque étage. 

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Les appartements sont modulables en fonction de la taille de la famille. Et les loyers représentent moins de 10 % du montant des salaires. Qui sont d’ailleurs plus élevés de 20 % dans les manufactures Godin à Guise que dans d’autres usines.

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Quant à la magnifique cour intérieure, elle a été pensée pour créer du lien social entre les Familistériens. Une grande fête du Travail en mai, une fête de l’Enfance en septembre et un bal mensuel s’y déroulaient notamment. 

Le pavillon central abrite également l’appartement de Jean-Baptiste Godin, qui tenait à vivre dans ce Palais social, au même titre que les ouvriers. Pas de luxe ostentatoire ici, même si l’appartement est grand et plutôt bourgeois. On y remarquera notamment, dans le bureau, la grande armoire-bibliothèque contenant des ouvrages ayant appartenu à Godin. Ainsi que le bureau que l’industriel a utilisé pendant ses années au Familistère de Guise. 

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Toujours dans le pavillon central, on prendra aussi le temps d’admirer la collection de poêles et de cuisinières, présentée dans l’un des appartements. Godin a déposé au total 80 brevets, dont un premier, en 1840, pour un poêle en fonte. 

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Il est également possible de visiter le théâtre. Mais, arrivée un peu tard, je n’ai plus eu le temps de découvrir cette salle de spectacle à l’italienne, qui continue à fonctionner pour les habitants de la région de Guise.

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6. Que découvrir dans le jardin attenant au Familistère ?

En fait, ce sont deux espaces verts et non un seul, qui ont été aménagés sur le site pour permettre aux ouvriers de se mettre au vert. Il s’agit du Jardin d’agrément et du Jardin de la Presqu’île.

Familistere-de-Guise-jardin-deuxFamilistere-de-Guise-jardinPendant l’expérience du Familistère de Guise, des potagers sont entretenus collectivement, nourrissant en partie les familles habitant sur place. 

C’est tout en-haut du Jardin d’agrément que Godin sera inhumé, en 1888, selon ses propres volontés. Un an plus tard, l’Association coopérative qui dirige le Familistère décide d’ériger un mausolée de huit mètres de haut. Un obélisque qui se dresse vers le ciel, à bonne distance des espaces plantés et fleuris. 

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7. Que reste-t-il de l’expérience du Familistère de Guise aujourd’hui ?

L’expérience du Familistère de Guise s’est arrêtée en 1968, après 108 ans d’autogestion, dont 80 ans sans Jean-Baptiste Godin. Mais les premières difficultés sont apparues bien avant. En effet, après l’occupation allemande pendant toute la Première Guerre, les usines ont eu bien du mal à s’adapter à l’arrivée de l’électricité. 

Il n’en reste pas moins que l’aile droite du pavillon central est toujours habitée. Si j’ai bien compris par des locataires de très longue date.

Familistere-de-Guise-pavillon-central-aile-droite

De l’autre côté de la rue, les usines Godin fonctionnent toujours, elles aussi. Elles comptent environ 150 salariés (contre 1900 en 1920) et font aujourd’hui partie du groupe Cheminées Philippe. On y assemble notamment les cheminées, les cuisinières et les poêles de la marque. 

Le Familistère de Guise en pratique

Familistere-de-Guise-l-Oise178-179 Familistère, 02120 Guise
03 23 61 35 36
www.familistere.com

Du 31 mars et 27 septembre, Le Familistère est ouvert tous les jours, sauf le lundi, de 10 h à 18 h 30.
Du 20 janvier au 29 mars et du 29 septembre au 31 décembre, il est ouvert tous les jours, sauf le lundi, de 10 h à 17 h 30.

Visite libre : 12 € plein tarif et 8 € tarif réduit (tarifs 2026).
Visite guidée (voir sur le site) : 18 € plein tarif et 14 € tarif réduit.
C’est gratuit pour les moins de 6 ans.
Même si cela a un prix, je vous conseille chaudement de suivre une visite guidée. Elles sont passionnantes et permettent vraiment de vivre l’expérience du Familistère de Guise de l’intérieur.

Sur place, également un escape game « L’énigme de l’ingénieure ». Et une visite virtuelle « Le palais VR ». Tous les renseignements sur le site.
Il est possible de déjeuner au Familistère de Guise, à l’estaminet Godin. Situé dans les anciens économats, il est ouvert tous les jours d’ouverture du musée, de 10 h à 18 h. Réservation conseillée au 03 23 61 89 35. Plats à moins de 20 €. 

Grand parking gratuit à l’entrée du site.

Le château fort, l’autre joyau de Guise

Mais le Familistère n’est pas le seul joyau patrimonial de Guise. Un château fort, impressionnant témoin du passé médiéval et parmi les plus puissants bastions du nord du royaume de France, vaut également la visite. 

Guise-chateau-fort-entree

De cette époque, il reste la grosse tour, avec ses murs en grès des Ardennes, de près de 6 mètres d’épaisseur ! Si elle servait avant tout à la défense, elle a également servi de résidence au seigneur et sa famille, en temps de siège. 

Guise-chateau-fort-tour

Au XVIe siècle, François Ier et les ducs de Guise vont transformer le site pour en faire une forteresse militaire moderne, en construisant notamment des bastions en brique. La frontière avec les Pays-Bas espagnols de Charles Quint n’est qu’à une vingtaine de kilomètres, autant dire qu’il faut se protéger ! Puis, au XVIIe, ce sera au tour de Vauban de réaliser des travaux de modernisation, pour parfaire l’ensemble.
Bombardé pendant la Première Guerre, vendu en ruines à des privés, transformé en carrière puis en décharge, le château sera sauvé à partir des années 50, grâce au Club du Vieux Manoir. 

Aujourd’hui, les espaces les plus représentatifs du site se visitent. Outre diverses salles et souterrains, on peut explorer la charbonnière, où logent des chauve-souris (et où je me suis bien gardée d’entrer). 

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Dans la chambre seigneuriale, le bureau du duc présente un superbe plafond en croisée d’ogives. 

Guise-chateau-fort-salle-voutee-deux

Tandis que le bastion de l’Alouette renferme un petit musée d’histoire et d’archéologie, qui présente principalement des objets trouvés sur place.

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De la haute cour, on admirera le donjon qui domine la vallée de l’Oise.

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Tandis que du bastion, on a une vue sur toute la commune de Guise et notamment sur le Familistère. 

Guise-chateau-fort-vue-sur-le-Familistere

Le château fort de Guise en pratique

Guise-chateau-fort-salle-vouteeAllée Maurice Duton, 02120 Guise
03 23 61 11 76
chateaudeguise.fr

Entrée : 8 € tarif plein, 6 € tarif réduit, gratuit – 6 ans
Pass combiné pour le château fort et le Familistère de Guise (tarif plein 18 €, plus 6 € pour la visite guidée du Familistère et tarif réduit 12 €, plus 6 € pour la visite guidée du Familistère)

Ouvert jusqu’au 1er novembre 2026 puis à nouveau à partir du mois d’avril.
Visite libre du mardi au dimanche, de 10 h à 13 h et de 14 h à 18 h.
Visite guidée sur rendez-vous uniquement. Du mardi au dimanche, à 16 h 30

Chiens tenus en laisse et non dangereux acceptés
Toilettes sèches sur place

Pour se garer, quelques places à la porte d’entrée du château. Sinon, divers parkings en ville, places de la Poterne, Lesur ou du Jeu de Paume. 

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J’ai été invitée par #aisnetourisme, merci à eux !

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