Vous aimez les beaux châteaux, surtout lorsqu’ils sont agrémentés d’un parc ou d’un jardin remarquable ? Mettez le cap sur la Wallonie, terre de patrimoine, qui compte près de 1500 châteaux ! Rien que la province du Hainaut, la plus proche de Lille, recèle de nombreuses forteresses et demeures aristocratiques. En voici quatre, de Mons à Brugelette et de Belœil à Enghien. Profitez de l’été pour les visiter, d’autant que certaines proposent des animations spéciales à la belle saison.
Un peu jardin moderne, un peu jardin à l’anglaise, cet espace de 6000 m2 compte près de deux cents variétés de roses anciennes et modernes. Parmi lesquelles la Paul Ricard, la Bolchoï, la Louis de Funès, l’Arielle Dombasle et bientôt la Salvatore Adamo.
1. Le château des ducs d’Havré à Mons,
quelle histoire !
Dès que j’ai aperçu son bulbe surplombant la tour d’Enghien, j’ai aimé le château des ducs d’Havré, à Mons, en Wallonie. Entouré d’un charmant jardin, comme d’autres portent un collier à leur cou, il a quelque chose d’élégant en même temps que d’imposant…

Entouré de douves, le vaste quadrilatère est en effet flanqué d’un châtelet d’entrée mais aussi de quatre tours massives, dont celle d’Enghien, ancien donjon du château.

Grâce à la sauvegarde du site, entreprise par l’ASBL du château d’Havré, et aux divers travaux réalisés, le château des ducs d’Havré commence à avoir meilleure mine.


Mais ce qui m’a le plus passionnée ici, c’est l’évocation d’Ambroise Paré, père de la chirurgie, qui a sauvé bien des blessés sur les champs de bataille.
En 1569, il est ainsi venu ici pour soigner le marquis d’Havré, Charles Phlippe de Croÿ, blessé au combat. Le malheureux est ramené, mourant, dans sa chambre au château.

Envoyé par Charles IX, roi de France, le génial chirurgien décide d’appliquer une ligature des artères, sans doute réalisée à l’infirmerie du château.


Il cueille également des plantes médicinales dans le jardin de l’époque pour faire des décoctions. Résultat : le malade est sauvé !.
Dans la tour des Gardes, une salle raconte l’histoire du château et notamment le séjour, mémorable, d’Ambroise Paré.
Et côté jardin…
Après la visite du château des ducs d’Havré en Wallonie, ne manquez pas celle du jardin, qui affiche le label « Jardin remarquable ».

Un peu jardin moderne et un peu jardin à l’anglaise, cet espace de 6000 mètres carrés compte près de deux cents variétés de roses anciennes et modernes. Parmi lesquelles la Paul Ricard, la Bolchoï, la Louis de Funès, l’Arielle Dombasle et bientôt la Salvatore Adamo.
À ces roses se mêlent des plantes vivaces, des caduques, des persistants, des plantes aromatiques et condimentaires. Mais aussi des arbres, comme ce tulipier de Virginie ou cet arbre savonnier.
Le week-end, une buvette s’installe près de la conciergerie, permettant de profiter encore mieux des lieux.
Le château des ducs d’Havré en pratique
Rue du Château, 30, 7021 Mons.
Tarifs et horaires d’ouverture des jardins, du château et des salles d’exposition sur chateaudhavre.be
Où manger à Mons, en Wallonie ?
Au Nova, une brasserie/grill offrant une vue imprenable sur la Grand Place de Mons.

Dans un charmant décor, on mange des croquettes artisanales, un filet pur, une carbonade ou une (monstrueuse) bouchée à la reine à la mode belge.
Qu’on accompagnera d’une bonne bière locale et, pourquoi pas, d’une (très bonne) Urine !
Grand Place 13B, Mons.
00 32 65 65 36 66
lenovamons.com
Ouvert du lundi au dimanche, de 11 h à 22 h 30.
2. Le château et le parc d’Attre à Brugelette,
délicatesse et romantisme
Plus encore que le château des ducs d’Havré, j’ai adoré le château d’Attre, à Brugelette.


Il est toujours habité par ses propriétaires, qui occupent l’aile droite du bâtiment, tandis que les pièces principales sont ouvertes à la visite.

Quel plaisir d’écouter Madame Demeester transmettre sa passion pour ce château de 1752, dont le décor et le mobilier 18e ont été conservés !
Dès l’entrée, j’ai aimé les délicates couleurs, le mélange des styles Louis XV et Louis XVI et la finesse des décors.

Dans le hall d’entrée, première surprise : un mignon petit oratoire est caché derrière des portes.

Dans la superbe cage d’escalier, une vitrine remplie d’oiseaux naturalisés rappelle que les débuts de la taxidermie datent précisément du 18e siècle.

Des différents salons, c’est le petit salon que j’ai préféré, avec son ambiance très nature, influencée par les écrits de Jean-Jacques Rousseau. Forcément, on est au 18e !

Quant à la chambre, avec son lit caché dans une alcôve, elle a été celle de Marie-Christine d’Autriche, sœur de Marie-Antoinette. Juste à côté, un petit boudoir était le lieu où la belle desserrait son corsage…

Un parc un peu montagne…
Derrière le château, court un vaste jardin de type paysager alliant jardin à l’anglaise et parc forestier. Ici, les orties ont droit de cité et on est davantage dans un esprit un peu sauvage que jardin bien léché.
Ce parc romantique compte une belle collection d’arbres, notamment des hêtres, un chêne monumental de plus de cinq siècles, un tuya et des platanes remarquables….

Mais ce jardin classé au Patrimoine exceptionnel de Wallonie a un autre intérêt. Il s’agit des diverses surprises qu’on découvre au fil de la promenade…
À commencer par la mystérieuse tour Vignou fortifiée, bâtie sur l’emplacement d’une ancienne motte féodale.
Il y a ensuite un chalet suisse de 1830, où on prenait naguère le thé, malheureusement en mauvais état aujourd’hui.

À voir aussi, au fond du parc, un pavillon des bains, avec balcon et colonnes de marbre rose, autrefois lieu de plaisance des dames.
Mais le clou de ce parc de Wallonie est sans nul doute le rocher artificiel de 1782, apogée du romantisme au 18e siècle.
Construit sur 5 niveaux et 33 mètres de haut, il a fallu 8 années pour l’édifier. La spécificité de ce rocher ? Il est constitué de pierres de plusieurs tonnes, assemblées sans ciment, juste posées en équilibre.
Le jardin serait-il un chemin initiatique pour francs-maçons ? Peut-être. Le 33, comme le 5, sont en effet des symboles maçonniques.
Le château d’Attre et son parc en pratique
Avenue du Château 8, 7941 Brugelette
00 32 68 45 44 60
Ouvert en avril, mai, juin, septembre et octobre, les dimanches et jours fériés, de 14 h à 18 h.
Et en juillet et août, les samedis, dimanches et jours fériés, de 14 h à 18 h.
Entrée : château et parc : 10 € adultes et 5 € enfants.
Le tarif comprend une visite guidée de l’intérieur du château, proposée toutes les heures, à partir de 14 h, en français notamment. Sans réservation préalable. Chiens non autorisés.
Parc seul, en visite libre : 5 € adultes et 4 € enfants. Chiens autorisés, tenus en laisse.
Parking privé gratuit sur place.
attre.be
3. Le château de Belœil,
Versailles en Wallonie !
Beaucoup plus connu que les deux précédents, on dit de lui que c’est le Versailles belge ! Depuis 7 siècles, le château de Belœil est la propriété de la famille de Ligne. Celle-ci descend du maréchal Charles-Joseph de Ligne, militaire et ambassadeur de l’empereur d’Autriche. Lors de ma visite, j’ai d’ailleurs rencontré le prince Michel de Ligne, quatorzième du nom, qui vit sur place et met un point d’honneur à entretenir au mieux le domaine. Cadeau et fardeau…

Après avoir emprunté un pont au-dessus des douves, on accède à l’imposante bâtisse en brique, flanquée de quatre tours rondes.

C’est lors du 40e anniversaire de l’Exposition Amaryllis, au printemps dernier, que j’ai découvert l’élégant château des 16e et 17e siècles.

L’occasion d’admirer à la fois les milliers de fleurs, vedettes de ces journées, et les décors, tapisseries, toiles et meubles anciens de ce château de Wallonie.




Comme lors des visites habituelles, le parcours menait à travers une série de salons, de chambres, de couloirs mais aussi dans la bibliothèque ancienne, où plus de 20 000 volumes sont conservés.

Quand infini rime avec harmonie…
C’est Jean-Michel Chevotet, élève de Le Nôtre, qui a conçu les plans de l’harmonieux jardin à la française. Dans un esprit de grandes perspectives, comme à Vaux-le-Vicomte.
Cinq perspectives se perdent ainsi dans la nature, dont la Grande Perspective, qui fait 5 kilomètres de long !

Avec des sources un peu partout dans le domaine et la Hunelle qui traverse le parc, l’eau est omniprésente à Belœil, canalisée dans plusieurs bassins. Notamment dans une immense pièce d’eau de 6 hectares, appelée le bassin de Neptune et posée au milieu des 25 hectares de jardin.

Parmi les grandes fiertés de la famille de Ligne, les 33 arbres remarquables de Belgique, surtout des platanes, des érables et des hêtres.
Quant aux spina-christi, ils ont été plantés par des aristocrates français, reconnaissants d’avoir été accueillis à Belœil sous la Révolution et la Convention. On les comprend…
Le château de Belœil en pratique
Rue du Château 11, 7970 Belœil.
00 32 69 68 94 26
En juillet et août, ouvert tous les jours, de 10 h à 18 h.
D’avril à septembre, ouvert le week-end et les jours fériés, de 13 h à 18 h.
Entrée 12 € adultes, 11 € seniors +65 ans et étudiants 12/18 ans, 5 € PMR, 6 € enfants 6/12 ans, gratuit – 6 ans. Ces tarifs sont uniquement valables hors expositions et événements.
Pendant l’été et jusqu’au 30 septembre 2026, le château propose une exposition immersive en réalité virtuelle, sur le thème « Napoléon, l’épopée immersive ». Grâce à un casque de réalité virtuelle, on plonge au cœur des grandes batailles, dans les coulisses du pouvoir et des scènes emblématiques de l’épopée napoléonienne.
Tous les jours, de 10 h à 18 h, pendant 40 minutes, en français, dans la bibliothèque moderne du château.
Adultes 18 €, +65 ans et étudiants 12/18 ans 17 €, enfants 8/12 ans 9 €, PMR 8 €. Le billet donne accès à l’expo immersive, au château et au parc.
Sinon, jusqu’au 16 août, « Le Livre de la jungle », un spectacle déambulatoire de Luc Petit est donné dans le parc du château de Belœil. Ce spectacle immersif, librement inspiré de l’œuvre de Rudyard Kipling, allie décors spectaculaires, jeux de lumière, effets pyrotechniques et feux d’artifice. Avec l’intervention de plus de 100 comédiens, danseurs, magiciens, acrobates, jongleurs de feu…
Tarif : à partir de 44 € adultes, 39 € enfant – 12 ans et gratuit – 3 ans.
Tout sur chateaudebeloeil.com
Où manger à Belœil ?

Ne cherchez pas midi à quatorze heures ! Profitez du Relais du Maréchal, sur place, pour faire une agréable pause déjeuner dans un décor historique, sous un magnifique plafond voûté en brique.

En juillet et août, ouvert tous les jours, sauf le lundi, de 13 h à 18 h.
D’avril à septembre, ouvert le week-end et les jours fériés, de 13 h à 18 h.
00 32 69 68 96 55
4. Le parc d’Enghien,
exceptionnel sur toute la ligne…
Il a tour à tour appartenu à Henri IV, à la famille Arenberg et au baron Empain, avant de devenir propriété de la commune d’Enghien, en 1986.
Classé patrimoine exceptionnel de Wallonie, le parc d’Enghien est unique à plus d’un titre, à commencer par sa superficie de 182 hectares, plus grande que tout le centre-ville !
On entre dans le domaine par la porte des Esclaves et ses quatre pavillons autour d’une cour d’honneur carrée.
Dès l’entrée, on aperçoit la tour de la chapelle castrale, seul vestige du château du 13e siècle.

Il faut dépasser cette tour pour voir l’actuel château, dit château Empain, construit en 1913 par François Empain et augmenté de deux ailes en 1926. La famille y a vécu jusqu’au moment de la vente du domaine, en 1986.

Aujourd’hui loué pour des réceptions, il est rarement ouvert au public. Mais il est toutefois accessible lors de certains événements, notamment le 1er mai ou lors de la foire de jardin, organisée chaque année à la mi-avril (et que je vous recommande vivement !).
L’occasion de découvrir les salons du rez-de-chaussée, notamment le salon des boiseries, avec ses décorations florales sculptées dans la masse. Ou le salon chinois avec ses panneaux rouge feu.


Mon film préféré a été tourné en Wallonie…
Côté parc, Enghien a conservé son Jardin des fleurs, conçu au 17e dans un style Renaissance italienne et reconstitué en 1997 avec ses jeux d’eau, sa composition symétrique et ses broderies de buis. À l’entrée, un pavillon chinois apporte sa petite note d’exotisme.


La roseraie compte une quinzaine de variétés anciennes crées par Louis Parmentier.
Tandis que le Conservatoire européen des dahlias est un véritable modèle, avec ses 800 variétés. L’idéal est de le voir en août ou septembre, pour profiter au mieux du spectacle.

Au cœur du parc, le jardin baroque des Sept Étoiles comprend en son centre un pavillon, d’où partent 7 grandes et 7 petites allées. Cette vue aérienne en dit plus long que toutes les descriptions, montrant également la partie boisée du parc.


Là, on peut voir un tympan de l’ancienne orangerie.

Géométrie, perspectives, collections horticoles… tout cela est fabuleux. Mais perso, j’ai préféré la magnifique vue sur le grand canal de près d’un kilomètre de long. C’est exactement à cet endroit qu’ont été tournées des scènes extérieures du Maître de musique de Gérard Corbiau, mon film préféré entre tous… Dans lequel apparaît le baryton/basse José van Dam, disparu l’hiver dernier.

Le parc du château d’Enghien en pratique
Avenue Elisabeth 5, 7850 Enghien.
00 32 23 97 10 20
D’avril à août, le parc est ouvert tous les jours, de 8 h à 21 h. En septembre, octobre et mars, il est ouvert de 8 h à 20 h. Entre novembre et février, il est accessible de 8 h à 18 h.
Hors événements, l’entrée est gratuite. Les chiens sont admis, tenus en laisse.
La gare SNCB est située à environ 10 minutes à pied du centre-ville et du domaine d’Enghien.
https://www.pajawa.be/fr/parcs-et-jardins/parc-d-enghien
ou enghien-edingen.be
Du 17 au 23 août 2026, le château d’Enghien en Wallonie accueille les Rencontres musicales internationales, avec des Master classes et de nombreux concerts.
Le programme et les tarifs sur https://www.musicalenghien.com/
Où manger à Enghien ?
À deux pas du domaine d’Enghien, Le Vieux Cèdre est un hôtel-restaurant, qui propose une cuisine libanaise authentique et savoureuse, à prix très raisonnables. La salle est spacieuse et claire.

Tandis que les plats sont frais et appétissants (ici l’assiette lunch).
Avenue Elisabeth 1, 7850 Enghien, 00 32 23 97 13 00
levieuxcedre.be
Où se renseigner pour un séjour en Wallonie ?
À lire aussi Si on dormait dans une ancienne église en Wallonie ?
J’ai été invitée par #visitwallonia, merci à eux !
