Bien sûr, il y a Le Baiser de Klimt, les tableaux d’Egon Schiele, le château de Schönbrunn et la grande roue du Prater. Mais quoi de mieux, pour apprivoiser la capitale autrichienne, que quelques moments passés dans les cafés viennois ? On y déguste une escalope viennoise, on se prête à la tradition du « Kaffee und Kuchen », on adresse la parole à son voisin et surtout, surtout, on prend son temps ! Voici cinq adresses de cafés viennois, où célébrer un art de vivre à nul autre pareil…
Ce café viennois, créé en 1910, a conservé son décor d’origine de style Jugendstil. Avec ses lustres en laiton, banquettes en velours, tables en marbre noir, jolis miroirs ainsi qu’un très beau vitrail floral.
Café Goldegg
Le plus sympa et chaleureux
Ce n’est pas le plus connu des cafés viennois, loin de là. Je vais pourtant commencer par vous parler du Café Goldegg, situé à deux pas du Belvédère supérieur. D’abord parce que vous visiterez à coup sûr ce musée, où se trouve le fameux Baiser de Klimt. Et que la vue de tant de beauté vous aura sans doute ouvert l’appétit.

Ensuite parce que ce café viennois, créé en 1910, a conservé son décor d’origine de style Jugendstil. Avec ses lustres en laiton, banquettes en velours, tables en marbre noir, jolis miroirs ainsi qu’un très beau vitrail floral. Un respect du passé qui lui a valu d’être classé monument culturel protégé.

Ici, pas d’accueil grincheux ou un brin méprisant envers le touriste affamé. Les serveurs sont adorables, se coupant en quatre pour faire plaisir à ceux qui ont choisi le Café Goldegg pour reprendre des forces.

De plus, les plats sont pantagruéliques, comme cette assiette végétarienne choisie pour changer un peu des mets carnés.

Ce café viennois n’a qu’un seul petit défaut. Il ferme à 20 h tous les soirs. Autant dire que si on veut y dîner, il faut arriver entre 18 h et 19 h. Un horaire tout à fait commun en Autriche…

Argentinierstrasse 49 , Vienne
www.cafegoldegg.at
Café Sacher
L’empereur des cafés viennois
Si j’avais dû n’en citer qu’un avant mon voyage à Vienne, cela aurait été celui-ci. Situé derrière l’Opéra, le Café Sacher est une véritable institution locale, créée en 1876 par le fils de l’inventeur de la Sachertorte.

On dit d’ailleurs qu’il serait le seul à détenir encore la recette originale de ce gâteau moelleux, entrecoupé d’une fine couche de confiture d’abricot et entièrement habillé de chocolat noir.
Après un déjeuner léger, composé d’une salade César, il me restait pour une fois assez d’appétit pour déguster une Sachertorte. D’autant que la part, certes succulente, n’est pas vraiment énorme…

L’autre chose qui se savoure dans ce café viennois renommé, c’est la déco style bonbonnière. Banquettes en velours rouge, tentures encadrées de moulures, nombreux tableaux, portraits de l’empereur François-Joseph et de l’impératrice Sissi jeunes, bouquets miniatures sur les tables, on se sent ici dans une bulle hors du temps, bercé par une discrète musique classique.


Évidemment, ce bonheur a un prix. Et à 39,90 € l’escalope viennoise et 10,90 € la Sachertorte, la facture peut vite s’avérer salée. Autant le savoir…

Philharmonikerstr. 4, Vienne.
https://www.sacher.com/en/restaurants/cafe-sacher-wien/ (site en anglais)
Café Prückel
Plutôt 50’s que Sécession
Cafés viennois et musées sont nombreux dans la capitale autrichienne, alors autant essayer de jumeler les deux ! Situé sur le Ring, en face du MAK, le Café Prückel peut parfaitement compléter une demi-journée au musée des Arts appliqués.
Créé en 1903 par le champion cycliste Maxime Lurion, ce café viennois a été rebaptisé Café Prückel après la chute de l’Empire.

Même si l’établissement a été entièrement rénové dans les années 50, certains éléments rappellent la Vienne des années 1900. Jetez ainsi un coup d’œil au plafond de l’une des salles, avec ses motifs purement Sécession et ses têtes très Jugendstil.


Pour le reste, le style 50 domine, mêlé aux principaux codes des cafés viennois. À savoir les grands lustres, les journaux mis à disposition de la clientèle, les appétissants gâteaux et le ballet des serveurs en habit.



À propos de service, on l’a trouvé plutôt agréable, même si l’accueil avait été plutôt grincheux. Il faut dire que ma co-mangeuse avait montré une certaine impatience à se voir attribuer une table. Erreur, grave erreur, dans cette ville où ne pas prendre le temps de vivre frise l’impolitesse…
Pour ce premier déjeuner, spécialités viennoises obligatoires ! J’ai opté pour la célèbre Wiener Schnitzel (escalope de veau panée), avec sa salade de pommes de terre.

Tandis que mon amie a préféré le Tafelspitz, une sorte de pot-au-feu de boeuf, que l’empereur François-Joseph adorait, paraît-il.


Des plats si copieux qu’un simple café a remplacé, pour nous, les très beaux gâteaux…

Stubenring 24, Vienne.
https://www.prueckel.at/en/cafe-prueckel/ (site en anglais)
Café Diglas
Parmi les incontournables cafés viennois
Comme les Cafés Prückel et Sacher, il fait partie des incontournables cafés viennois ! Fondé en 1923 par les frères Diglas, cet établissement emblématique a subi plusieurs transformations au fil des décennies.

Avant de retrouver son cachet initial il y a près de 40 ans. Salles voûtées, tables en marbre gris et blanc, banquettes en velours rouge, serveurs en habit, on est bel et bien dans un café viennois traditionnel, ici.


Avec quelques petites touches d’originalité tout de même, comme ces lustres, où les pampilles se mélangent à des ustensiles de cuisine, des tasses ou de faux gâteaux. Ou ces lampes, en vitrine, dont les abat-jour ressemblent à s’y méprendre à des jupons !


La carte, en grande partie traduite en français, propose les incontournables viennois, dont l’escalope panée (de veau, de porc ou de dinde), le Tafelspitz, le goulasch ou diverses saucisses. Comme d’habitude, mon escalope viennoise avait été si copieuse que j’ai dû renoncer au dessert, malgré la belle tarte repérée sur le comptoir.

Avant de quitter le Café Diglas, oserez-vous entrer dans les toilettes, voyant que les portes sont entièrement transparentes ? Si pas, je préfère vous rassurer tout de suite : chaque porte devient opaque quand on la verrouille. Ouf ! J’avais déjà vu pareille facétie dans un restaurant à Gand. N’empêche, elle fait toujours son petit effet…
Wollzeile 10, Vienne.
https://wollzeile.diglas.at/ (site en allemand uniquement)
Palmenhaus Café
Un café viennois en verre et en fer
Traversant le Burggarten, l’un des plus beaux parcs de Vienne (forcément, c’était autrefois le jardin privé de l’empereur François-Joseph), j’ai poussé un waouh en l’apercevant.


Le Palmenhaus Café est en effet installé dans une immense serre, construite entre 1901 et 1906, véritable joyau Art Nouveau. À l’origine, cette serre des palmiers était utilisée pour abriter palmiers et autres plantes tropicales, servant pour la famille impériale.

S’il abrite toujours quelques plantes, ce palais de verre et de fer a été transformé, dans sa partie centrale, en café, bar et brasserie.

On vient y prendre son petit déj, son déjeuner, un café/gâteau ou un verre de vin blanc local, comme nous l’avons fait avec ma copine Valérie, à l’heure de l’apéro.

Ce café viennois à nul autre pareil abrite, dans sa partie gauche, une serre à papillons. Pour ceux qui aiment admirer des papillons virevolter sous leurs yeux.
Burggarten 1, Vienne
https://www.palmenhaus.at/en/ (site en anglais)
Et un nouvel hôtel
The Companion Vienna
Et puisqu’à un moment, dans votre marathon des cafés viennois, il vous faudra bien vous reposer, voici un nouvel hôtel, ouvert depuis ce printemps. Situé en face de la gare de l’ouest (Westbahnhof) et son accès direct au métro, The Companion Vienna se cache derrière une façade très classique.

Mais une fois à l’intérieur, surprise ! Le nouvel établissement est un boutique hôtel 4* à la déco contemporaine et audacieuse, inspirée par la Wiener Werkstätte (ou l’Atelier viennois).


Plafond mis à nu, marbre poli, bois façonné à la main, luminaires originaux omniprésents, moulure noire typique du style viennois… The Companion jette avec classe un pont entre passé et présent.


Dans les chambres, j’ai aimé les douces courbes, les luminaires boules et les rééditions d’interrupteurs d’un autre temps.
Chouette et fonctionnelle salle de bain aussi, toujours dans les verts, ma couleur préférée…

Très bon petit déjeuner buffet, avec de nombreux mets salés, notamment orientaux.
Mariahilfer Strasse 127a, Vienne
https://www.companion-hotels.com/
J’ai été invitée par #visitaustria, merci à eux !
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